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Bristow aux pays miniers d’Afrique: peuvent mieux faire
Monday, February 3, 2014

Le Cap, 4 février 2014 – L’incertitude croissante à propos de l’environnement réglementaire et du régime fiscal des pays producteurs d'Afrique dissuadent l’investissement international de se porter sur les industries minières de ces pays, a déclaré aujourd’hui Mark Bristow, directeur exécutif de Randgold Resources.

Prenant la parole à la conférence annuelle Mining Indaba, Mark Bristow a indiqué que pour tirer parti des grandes richesses minières de l’Afrique, il fallait que les États des pays dotés de ressources minérales, les investisseurs et acteurs de la mise en valeur de ces actifs, s’accordent à reconnaître l’étroite convergence de leurs intérêts et collaborent. « En d’autres termes, ce qu’il faut à l’Afrique ce sont des partenariats pour la prospérité », a-t-il dit.

Mark Bristow a noté que le Fraser Institute canadien, qui enquête chaque année sur près de 100 pays producteurs du monde afin d’évaluer leur attractivité globale pour l’investisseur, ou encore leur indice du potentiel des politiques de réglementation (Policy Potential Index, PPI), avait récemment rétrogradé le PPI moyen de l’Afrique pour la cinquième année d’affilée. Les personnes interrogées ont cité l’incertitude croissante quant aux intentions des pays africains concernant leurs ressources minières comme le facteur essentiel de recul de la confiance de l’investisseur.

« Les révisions des codes miniers de ces dernières années et ceux en cours dans divers pays africains ont sans nul doute renforcé cette incertitude en créant l’impression que leurs gouvernements veulent non seulement augmenter leur part du gâteau, mais aussi la manger avant que le gâteau ne soit cuit. » Cela, ajoute-t-il, arrive à un moment où le secteur de l’exploitation de l’or subit la forte pression de la chute du prix de l’or et réduit la voilure dans l’exploration et la mise en valeur de projets.

Mark Bristow ajoute encore : « L’expérience de Randgold montre qu’en dépit des tensions des deux côtés, des partenariats réciproquement avantageux entre les États et les sociétés minières restent possibles. »

Il a cité l’action de Randgold en Côte d’Ivoire comme exemple d’un tel partenariat. Grâce à un solide réseau de relations tissé au plan local, la compagnie est parvenue à développer sa mine de Tongon dans le sillage d’une guerre civile, puis à la mettre en service au cours d’une autre période de conflit. Elle a également collaboré avec le gouvernement à sa révision du code minier national, coopération qui a abouti à un texte final accueillant pour l’investisseur qui est en cours de ratification.

Mark Bristow a précisé que la volonté de la Côte d’Ivoire de travailler avec les sociétés minières sur des bases équitables a été remarquée. Plusieurs sociétés internationales y étendent leur présence et Randgold elle-même se constitue un portefeuille de permis ivoiriens très prometteurs.

Le Mali témoigne également de l’intérêt d’un partenariat résolu, a-t-il indiqué. Randgold est présent dans ce pays depuis près de 20 ans et tout en ayant sa part de difficultés a évolué en contributeur de premier plan à l’économie malienne – le complexe de Loulo-Gounkoto de la compagnie s’y classe parmi les plus importants d’Afrique – il a hissé le Mali au rang des trois plus grands producteurs d’or d’Afrique.

Versant négatif, ajoute Mark Bristow, le processus de révision du code minier en cours en République démocratique du Congo – qui accueille la mine de Kibali récemment mise en service de Randgold – s’est déroulé dans une certaine confusion. « J’espère qu’il va bientôt se produire une intervention du gouvernement au plus haut niveau pour assurer que la plateforme d’investissement qu’a créée la RDC ne soit pas trop détériorée ».

Le Sénégal, où se situe le projet Massawa de Randgold, représente une autre source de préoccupation. Le pays a annoncé son intention de réviser son code minier avec une nette volonté d’encaisser plus de recettes et, contrairement aux autres pays hôtes de Randgold, il se propose de le faire sans un engagement ouvert avec l’industrie.

Mark Bristow conclut ainsi : « C’est selon nous une erreur. Malgré sa stabilité politique, le Sénégal n’a pas réussi à attirer d’investissements significatifs vers son secteur minier encore jeune. Sa priorité doit être d’encourager l’investissement afin de bâtir cette industrie en s’appuyant sur l’incontestable prospectivité du pays. »


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